poeme je te quitte pour ne plus souffrir
Quandje serai mort, on ne me fera plus souffrir. mort, Paul Claudel Quand je serai mort, on ne me fera plus souffrir. Navigation de l’article. ← Citation précédent. Citation suivant →. Cartes de Condoléances. Carte de condoléances Promesse. La jeunesse offre la promesse du bonheur, mais la vie offre les réalités du deuil. Carte de condoléances Amour. Nous comprenons la mort
Jene souffre plus, mon corps me laisse enfin le repos tant demandé, fini le tourment, finis ces soins tellement désobligeants pour ma fierté. Je me repose sans douleur, sans contrainte, Je n’ai pas de colère, je ne regrette rien. Je vous quitte, mais je reste dans vos mémoires, Pensez à moi souvent, mais ne soyez pas attristés
LaMortEnPoemes Je ne vous quitte pas.. - Armand Voss. Si vous prenez la peine d'écouter dans le courant d'air de cette église, vous pourrez entendre ma voix qui vous dit : « Ne soyez pas triste, ne pleurez plus mon départ, où je me trouve maintenant, je suis bien ». Entouré de l'amour de ceux qui m'ont précédé, je ne souffre plus
Cesinstants horribles où plus rien ne compte Ces instants où je me fais honte Pour ne plus jamais souffrir !!!Ces instants immondes bien trop nombreux Ces instants où je ferais mieux de me crever les yeux Skyrock.com. Connecte-toi; Crée ton blog ; Chercher. Blog "L'amour n'est pas l'amour s'il fane lorsqu'il se trouve que son objet s'éloigne."
Poèmemoments+une - 5 Poèmes sur moments+une. Poésie française. Liens; A Propos ; Poésie; Rechercher un poème; Poèmes; Poètes; Nouveaux poèmes; Poème moments+une - 5 Poèmes sur moments+une 5 poèmes 1 3 Phonétique (Cliquez pour la liste complète): émanâtes éminçâtes éminente éminentes éminents maçonnâtes mainate mainates mainte maintes maints manants
Mon Mec Est Sur Un Site De Rencontre. Hors ligne 6 Octobre 2018 Il ne me reste plus que ma plume pour vous dire…De jour comme de nuit Ton si beau visage Dans mes pensées voyage Je n’arrive plus à avancer L’image de l’être tant aimé Me hante au plus profond De mon âme On dit que le temps Doit apaiser la souffrance Mais de jour en jour Elle ne fait que grandir Même si tu me fais beaucoup souffrir Je ne pourrai jamais t’oublier, ni te haïr Car tu m’as offert un bonheur Qui n’a pas de prix Mon cœur est meurtri Qu’il soit fini Je ne peux l’effacer Écrit sur papier doré A l’encre de mon sang Emporté par le vent Mon âme perdue dans La douleur de l’absence J’aimerais tellement Revenir en arrière Pour y retrouver Cette complicité D’une si pure amitié Mon rêve ne sera Jamais une réalité Personne ne pourra te remplacer Ton prénom restera gravé Dans mon cœur pour l’éternité. 2014 Hors ligne 6 Octobre 2018 Des souffrances qui prouvent que vous êtes bien vivante. merci pour ce texte touchant. belle journée michel Hors ligne 6 Octobre 2018 Des souffrances qui prouvent que vous êtes bien vivante. merci pour ce texte touchant. belle journée michel Merci à toi d'être venu me lire cher poète Hors ligne 6 Octobre 2018 Ton si beau visage Dans mes pensées voyage Je n’arrive plus à avancer Mon passage préféré ...il me parle il me crie ... et me torture Quel beau poème ... nostalgique ... romantique c'est la voix d'un coeur ... Hors ligne 6 Octobre 2018 Mon passage préféré ...il me parle il me crie ... et me torture Quel beau poème ... nostalgique ... romantique c'est la voix d'un coeur ... MERCI pour ton gentil commentaire Hors ligne 6 Octobre 2018 Quand l'autre nous quitte il emmène une part de soi ... et l'on peut ressentir n'être plus Personne. Un écrit émouvant qui nous rappelle que parfois aimer est douloureux. Merci pour ce partage et belle journée Amitiés Pierre Hors ligne 6 Octobre 2018 Quand l'autre nous quitte il emmène une part de soi ... et l'on peut ressentir n'être plus Personne. Un écrit émouvant qui nous rappelle que parfois aimer est douloureux. Merci pour ce partage et belle journée Amitiés Pierre C'est tout à fait ça, merci de ta visite cher poète Hors ligne 6 Octobre 2018 Un beau poème, touchant. J'espère sincèrement que depuis ans, cette douleur de l'absent s'atténue. Belle journée ensoleillée. amitiés. Hors ligne 6 Octobre 2018 Un beau poème, touchant. J'espère sincèrement que depuis ans, cette douleur de l'absent s'atténue. Belle journée ensoleillée. amitiés. Oui elle s'est atténuée, mais mon ami est toujours dans mes pensées Dernière édition 9 Octobre 2018 Hors ligne 6 Octobre 2018 en effet une belle plume qui s'est exprimée sur ses propres regrets mais aussi sur le temps passé et l'amour respiré. un écrit rétrospectif affectif et très affectif j'aime bien mes amitiés Hors ligne 6 Octobre 2018 en effet une belle plume qui s'est exprimée sur ses propres regrets mais aussi sur le temps passé et l'amour respiré. un écrit rétrospectif affectif et très affectif j'aime bien mes amitiés Merci Cher poète pour ton gentil commentaire Bonne journée Personne Hors ligne 6 Octobre 2018 oui Personne la souffrance de l'absent qu'il soit d'amour ou d'amitié est fortement ancrée dans le coeur et l'on se souvient de chaque moment partagé sur l'autel amour amitié très beau poème qui me parle bien merci de ce beau partage micalement Hors ligne 6 Octobre 2018 oui Personne la souffrance de l'absent qu'il soit d'amour ou d'amitié est fortement ancrée dans le coeur et l'on se souvient de chaque moment partagé sur l'autel amour amitié très beau poème qui me parle bien merci de ce beau partage micalement MERCI pour ta visite chère Gabrielle qui me très plaisir à chaque fois Hors ligne 6 Octobre 2018 Avec ta plume, il te reste les souvenirs que tu as su très bien nous transcrire !! merci pour ce partage amitié et bisous carlame Merci Chère Carlame, toujours un plaisir de te voir chez moi et comme tu dis il reste les doux souvenirs Bonne soirée Bisous Personne Hors ligne 6 Octobre 2018 Il ne me reste plus que ma plume pour vous dire… De jour comme de nuit Ton si beau visage Dans mes pensées voyage Je n’arrive plus à avancer L’image de l’être tant aimé Me hante au plus profond De mon âme On dit que le temps Doit apaiser la souffrance Mais de jour en jour Elle ne fait que grandir Même si tu me fais beaucoup souffrir Je ne pourrai jamais t’oublier, ni te haïr Car tu m’as offert un bonheur Qui n’a pas de prix Mon cœur est meurtri Qu’il soit fini Je ne peux l’effacer Écrit sur papier doré A l’encre de mon sang Emporté par le vent Mon âme perdue dans La douleur de l’absence J’aimerais tellement Revenir en arrière Pour y retrouver Cette complicité D’une si pure amitié Mon rêve ne sera Jamais une réalité Personne ne pourra te remplacer Ton prénom restera gravé Dans mon cœur pour l’éternité. 2014 Les douleurs de l'amour sont les plus douloureuses mais aussi les plus belle,,Bravo pour ce poème j'aime beaucoup o Maître poète Hors ligne 6 Octobre 2018 Les blessures de l'amour ne guérissent jamais ... Merci pour ce poème très émouvant, Personne ! sincèrement Rose *** Hors ligne 7 Octobre 2018 Les douleurs de l'amour sont les plus douloureuses mais aussi les plus belle,,Bravo pour ce poème j'aime beaucoup MERCI Plume bleue Hors ligne 7 Octobre 2018 Les blessures de l'amour ne guérissent jamais ... Merci pour ce poème très émouvant, Personne ! sincèrement Rose *** MERCI Rose pour ton commentaire Hors ligne 7 Octobre 2018 Le déchirement de la perte d'un être aimé, il est toujours douloureux de se dire ne jamais le revoir. Mais il reste les souvenirs qui continuent à ne pas nous oublier. Amitié, Corinne
Expéditeur Conversation S_Ramstrom Envoyé le 15/10/2021 1525 Plume de soieInscrit le 17/9/2015De Envois 134 Ne nous quitte pasNe nous quitte pasLa vie t'a trahie, elle t'a même poignardéeEt tu sens ta jeunesse partir en fuméeCar des monstres voraces s'en prennent à ta puretéMais par pitié mon ami, bas toi, ne nous quitte pasNe nous quitte pasJe suis là pour toi, jusqu'au dernier soupirJe me battrai pour toi, même s'il faut en mourirJe ne les laisserai pas t'abattre et te détruire Je t'en supplie, non, ne fais pas çaNe nous quitte pasIl y a tant à vivre, il y a tant à voirJe te supplie de rester, je te supplie d'y croireReste avec moi encore, ne pars pas ce soirNe pars pas comme ceux qui ont baissé les brasNe nous quitte pasNous soignons les corps, les âmes, et les chagrinsLaisse moi te soigner, si tel est mon destin,Écoute moi mon ami, reste et prend ma mainIls ne valent pas la peine, que tu meurs pour ça-"Le souvenir est un poète, n'en fais pas un historien" not go gentle into that good night. Rage, rage against the dying of the light" S_Ramstrom Envoyé le 15/10/2021 1528 Plume de soieInscrit le 17/9/2015De Envois 134 Re Ne nous quitte pasJ'écris ce poème comme message de détresse a un ami qui m'est 75% des internes et étudiants en médecine souffrent d'anxiété, 40% ont des signes de dépression sévère. Voulez-vous être soigné par des médecins à bout de souffle ? À bout de vie ?Rien que dans mes amis proches, 2 ont fait des tentatives de suicide ce interne se suicide tous les 18 jours. Ils ne pourront plus vous souvenir est un poète, n'en fais pas un historien" not go gentle into that good night. Rage, rage against the dying of the light" Isabell Envoyé le 15/10/2021 1552 Plume de platineInscrit le 30/1/2009De BelgiqueEnvois 2275 Re Ne nous quitte pasVotre poème est particulièrement poignant, , de même que le contexte vous ayant amené à le rédiger !Je ne savais pas que le mal-être allait jusqu'à une telle detresse dans le milieu médical. Force à votre ami. Merci d'avoir rédigé cette texte pour à vous Nos soignants. - ZAGHBENIFE Envoyé le 15/10/2021 1558 Mascotte d'OasisInscrit le 7/11/2015De ALGEREnvois 28423 Re Ne nous quitte pasvraiment tragique, je vois que la terre avec tous ces spasmes qui la serrent, elle va devenir un asile d'aliénés à ciel ouvertcourage et patience pour l'aider à se reprendre, la vie est faite d'épreuves, il faut avoir du courage pour les affronter - anonyme Envoyé le 15/10/2021 1712 Re Ne nous quitte pasun bien triste constat, j'espère que votre ami vous écoutera et remontera la pente , courage à lui jajaro Envoyé le 15/10/2021 1739 Plume de platineInscrit le 28/3/2018De NantesEnvois 2388 Re Ne nous quitte pasVoilà un cri particulièrement déchirant, j'ignorais qu'une telle détresse puisse exister dans votre milieu. Courage, nous avons besoin de vous !Chaleureuses pensées...Roger. RomaneJones Envoyé le 15/10/2021 1752 Plume de platineInscrit le 6/12/2019De GirondeEnvois 2184 Re Ne nous quitte pasBonjourPoignant poème qui dit le vrai...Terrible mal-être du corps médical!Les internes sont l'avenir de la santé!Courage à votre EvilFranck Envoyé le 15/10/2021 1822 Plume de diamantInscrit le 8/7/2013De PandoreEnvois 62900 Re Ne nous quitte pasBonjour S_Ramstrom, émouvant appel poétique Amicalement -La poésie, c'est comme la cuisine, le mot faitout 00063312-1 dolores Envoyé le 15/10/2021 2059 ModératriceInscrit le 24/8/2009De france 06 Alpes-MaritimesEnvois 29887 Re Ne nous quitte pasUne prière comme une bouteille à la mer le burn-out existe même chez les soignants et la détresse humaine est insupportable et fini par tout détruire merci pour ce cri puissant à méditer bonne soirée amitiés Une vieille Aide-soignante ... - Sphyria Envoyé le 16/10/2021 632 Plume de platineInscrit le 25/4/2021De FranceEnvois 9734 Re Ne nous quitte pasJ'ai été très touchée par ton poème de soutien à cet ami en souffrance ! Valou34 Envoyé le 16/10/2021 1046 Plume d'orInscrit le 11/12/2020De Envois 812 Re Ne nous quitte pasBonjour S_Ramstrom,un poème poignant, un cri du cœur pour nous dire toute la détresse du personnel soignant ! Courage à vous ! -Mes amitiés et mes bisous, Valou encrenoire Envoyé le 16/10/2021 1105 Plume de platineInscrit le 11/6/2013De NordEnvois 2831 Re Ne nous quitte pasLa lente déshumanisation que veulent certains a bien des effets négatifs et pervers. Chacun doit prendre le rebours de cette société sans amour, ici étend dit amour inconditionnel, le mot amour ayant tant de courage à vousencrenoire Sybilla Envoyé le 16/10/2021 1942 ModératriceInscrit le 27/5/2014De Envois 67790En ligne Re Ne nous quitte pasBonsoir Swan,C'est un superbe hommage poignant envers tous les soignants !Bon courage à et à vous tous! Douce soirée !Amitiés Sybilla -Le rêve est le poumon de ma vie. Citation de Sybilla Rosaly Envoyé le 17/10/2021 043 Plume d'orInscrit le 15/1/2015De Envois 1983 Re Ne nous quitte pasUne prière lancinante qui déchire le coeur ...Ce poème est puissant et douloureux il nous montre toute la force de l'amitié, la vraie, celle qui est là , dans les instants les plus tragiques de l' nous rappelle combien les personnels soignants , en première ligne durant la pandémie, ont été touchés , physiquement comme le courage et la ténacité dont ils on fait preuve, sacrifiant leur vie de famille et mettant en péril leur propre santé pour le bien de comprends leur détresse d'aujourd'hui, cet ami en est un exemple très touchant , même si j'ignore les raisons profondes de son mal être ,le contexte dans lequel il se trouve semble bien sombre!Une main tendue qu'il saisira j'espère .Courage à lui et merci à toi pour ce vibrant partage , bien ressenti et écrit. Amicalement,Rosaly berrichonne Envoyé le 17/10/2021 843 Plume de diamantInscrit le 17/6/2008De Envois 13718 Re Ne nous quitte pasQuand il n'y a plus d'espoir, quand on se trouve au fond du trou, seul une main secourable et aimante peut nous rendre l'envie de ! Un fait de société que nul ne peut ignorer. Coup de coeur pour amicales -La vie est belle il faut savoir l'apprécier. eolienne Envoyé le 17/10/2021 1547 WebmasterInscrit le 22/6/2005De Région ParisienneEnvois 36285 Re Ne nous quitte pasJ’ai le plaisir de t’annoncer que ton poème a été élu ''coup de cœur'' par l’équipe des MASCOTTES d’Oasis !Il sera mis sur la page d'accueil du site jusqu'au prochain ''coup de cœur''. Il sera également mis dans le recueil ''poèmes nominés'' pour y rester définitivement !Toutes nos félicitations - S_Ramstrom Envoyé le 20/10/2021 1755 Plume de soieInscrit le 17/9/2015De Envois 134 Re Ne nous quitte pasMerci beaucoup Éolienne, ça me touche énormément. Merci à tous ! Pour lui et pour souvenir est un poète, n'en fais pas un historien" not go gentle into that good night. Rage, rage against the dying of the light"
22 poèmes <23456Phonétique Cliquez pour la liste complète cacahouète cacahouètes cacahuète cacahuètes cacaotée cacaotées cacaotés cacatoès cacatois cagote cagotes cagots cahota cahotai cahotais cahotait cahotas cahotât cahotâtes cahote cahotée cahotées cahotes cahotés cahots cahute cahutes caquâtes caqueta ... À M. Louis de Ronchaud I Regardez-les passer, ces couples éphémères ! Dans les bras l'un de l'autre enlacés un moment, Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières, Font le même serment Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent Avec étonnement entendent prononcer, Et qu'osent répéter des lèvres qui pâlissent Et qui vont se glacer. Vous qui vivez si peu, pourquoi cette promesse Qu'un élan d'espérance arrache à votre coeur, Vain défi qu'au néant vous jetez, dans l'ivresse D'un instant de bonheur ? Amants, autour de vous une voix inflexible Crie à tout ce qui naît Aime et meurs ici-bas ! » La mort est implacable et le ciel insensible ; Vous n'échapperez pas. Eh bien ! puisqu'il le faut, sans trouble et sans murmure, Forts de ce même amour dont vous vous enivrez Et perdus dans le sein de l'immense Nature, Aimez donc, et mourez ! II Non, non, tout n'est pas dit, vers la beauté fragile Quand un charme invincible emporte le désir, Sous le feu d'un baiser quand notre pauvre argile A frémi de plaisir. Notre serment sacré part d'une âme immortelle ; C'est elle qui s'émeut quand frissonne le corps ; Nous entendons sa voix et le bruit de son aile Jusque dans nos transports. Nous le répétons donc, ce mot qui fait d'envie Pâlir au firmament les astres radieux, Ce mot qui joint les coeurs et devient, dès la vie, Leur lien pour les cieux. Dans le ravissement d'une éternelle étreinte Ils passent entraînés, ces couples amoureux, Et ne s'arrêtent pas pour jeter avec crainte Un regard autour d'eux. Ils demeurent sereins quand tout s'écroule et tombe ; Leur espoir est leur joie et leur appui divin ; Ils ne trébuchent point lorsque contre une tombe Leur pied heurte en chemin. Toi-même, quand tes bois abritent leur délire, Quand tu couvres de fleurs et d'ombre leurs sentiers, Nature, toi leur mère, aurais-tu ce sourire S'ils mouraient tout entiers ? Sous le voile léger de la beauté mortelle Trouver l'âme qu'on cherche et qui pour nous éclôt, Le temps de l'entrevoir, de s'écrier C'est Elle ! » Et la perdre aussitôt, Et la perdre à jamais ! Cette seule pensée Change en spectre à nos yeux l'image de l'amour. Quoi ! ces voeux infinis, cette ardeur insensée Pour un être d'un jour ! Et toi, serais-tu donc à ce point sans entrailles, Grand Dieu qui dois d'en haut tout entendre et tout voir, Que tant d'adieux navrants et tant de funérailles Ne puissent t'émouvoir, Qu'à cette tombe obscure où tu nous fais descendre Tu dises Garde-les, leurs cris sont superflus. Amèrement en vain l'on pleure sur leur cendre ; Tu ne les rendras plus ! » Mais non ! Dieu qu'on dit bon, tu permets qu'on espère ; Unir pour séparer, ce n'est point ton dessein. Tout ce qui s'est aimé, fût-ce un jour, sur la terre, Va s'aimer dans ton sein. III Éternité de l'homme, illusion ! chimère ! Mensonge de l'amour et de l'orgueil humain ! Il n'a point eu d'hier, ce fantôme éphémère, Il lui faut un demain ! Pour cet éclair de vie et pour cette étincelle Qui brûle une minute en vos coeurs étonnés, Vous oubliez soudain la fange maternelle Et vos destins bornés. Vous échapperiez donc, ô rêveurs téméraires Seuls au Pouvoir fatal qui détruit en créant ? Quittez un tel espoir ; tous les limons sont frères En face du néant. Vous dites à la Nuit qui passe dans ses voiles J'aime, et j'espère voir expirer tes flambeaux. » La Nuit ne répond rien, mais demain ses étoiles Luiront sur vos tombeaux. Vous croyez que l'amour dont l'âpre feu vous presse A réservé pour vous sa flamme et ses rayons ; La fleur que vous brisez soupire avec ivresse Nous aussi nous aimons ! » Heureux, vous aspirez la grande âme invisible Qui remplit tout, les bois, les champs de ses ardeurs ; La Nature sourit, mais elle est insensible Que lui font vos bonheurs ? Elle n'a qu'un désir, la marâtre immortelle, C'est d'enfanter toujours, sans fin, sans trêve, encor. Mère avide, elle a pris l'éternité pour elle, Et vous laisse la mort. Toute sa prévoyance est pour ce qui va naître ; Le reste est confondu dans un suprême oubli. Vous, vous avez aimé, vous pouvez disparaître Son voeu s'est accompli. Quand un souffle d'amour traverse vos poitrines, Sur des flots de bonheur vous tenant suspendus, Aux pieds de la Beauté lorsque des mains divines Vous jettent éperdus ; Quand, pressant sur ce coeur qui va bientôt s'éteindre Un autre objet souffrant, forme vaine ici-bas, Il vous semble, mortels, que vous allez étreindre L'Infini dans vos bras ; Ces délires sacrés, ces désirs sans mesure Déchaînés dans vos flancs comme d'ardents essaims, Ces transports, c'est déjà l'Humanité future Qui s'agite en vos seins. Elle se dissoudra, cette argile légère Qu'ont émue un instant la joie et la douleur ; Les vents vont disperser cette noble poussière Qui fut jadis un coeur. Mais d'autres coeurs naîtront qui renoueront la trame De vos espoirs brisés, de vos amours éteints, Perpétuant vos pleurs, vos rêves, votre flamme, Dans les âges lointains. Tous les êtres, formant une chaîne éternelle, Se passent, en courant, le flambeau de l'amour. Chacun rapidement prend la torche immortelle Et la rend à son tour. Aveuglés par l'éclat de sa lumière errante, Vous jurez, dans la nuit où le sort vous plongea, De la tenir toujours à votre main mourante Elle échappe déjà. Du moins vous aurez vu luire un éclair sublime ; Il aura sillonné votre vie un moment ; En tombant vous pourrez emporter dans l'abîme Votre éblouissement. Et quand il régnerait au fond du ciel paisible Un être sans pitié qui contemplât souffrir, Si son oeil éternel considère, impassible, Le naître et le mourir, Sur le bord de la tombe, et sous ce regard même, Qu'un mouvement d'amour soit encor votre adieu ! Oui, faites voir combien l'homme est grand lorsqu'il aime, Et pardonnez à Dieu ! L’Amour et la Mort Poèmes de Louise Ackermann Citations de Louise AckermannPlus sur ce poème Commenter le poème Imprimer le poème Envoyer à un ami Voter pour ce poème 1845 votesQuand le vieux Gœthe un jour cria De la lumière ! » Contre l'obscurité luttant avec effort, Ah ! Lui du moins déjà sentait sur sa paupière Peser le voile de la mort. Nous, pour le proférer ce même cri terrible, Nous avons devancé les affres du trépas ; Notre œil perçoit encore, oui ! Mais, supplice horrible ! C'est notre esprit qui ne voit pas. Il tâtonne au hasard depuis des jours sans nombre, A chaque pas qu'il fait forcé de s'arrêter ; Et, bien loin de percer cet épais réseau d'ombre, Il peut à peine l'écarter. Parfois son désespoir confine à la démence. Il s'agite, il s'égare au sein de l'Inconnu, Tout prêt à se jeter, dans son angoisse immense, Sur le premier flambeau venu. La Foi lui tend le sien en lui disant J'éclaire ! Tu trouveras en moi la fin de tes tourments. » Mais lui, la repoussant du geste avec colère, A déjà répondu Tu mens ! » Ton prétendu flambeau n'a jamais sur la terre Apporté qu'un surcroît d'ombre et de cécité ; Mais réponds-nous d'abord est-ce avec ton mystère Que tu feras de la clarté ? » La Science à son tour s'avance et nous appelle. Ce ne sont entre nous que veilles et labeurs. Eh bien ! Tous nos efforts à sa torche immortelle N'ont arraché que les lueurs. Sans doute elle a rendu nos ombres moins funèbres ; Un peu de jour s'est fait où ses rayons portaient ; Mais son pouvoir ne va qu'à chasser des ténèbres Les fantômes qui les hantaient. Et l'homme est là, devant une obscurité vide, Sans guide désormais, et tout au désespoir De n'avoir pu forcer, en sa poursuite avide, L'Invisible à se laisser voir. Rien ne le guérira du mal qui le possède ; Dans son âme et son sang il est enraciné, Et le rêve divin de la lumière obsède A jamais cet aveugle-né. Qu'on ne lui parle pas de quitter sa torture. S'il en souffre, il en vit ; c'est là son élément ; Et vous n'obtiendrez pas de cette créature Qu'elle renonce à son tourment. De la lumière donc ! Bien que ce mot n'exprime Qu'un désir sans espoir qui va s'exaspérant. A force d'être en vain poussé, ce cri sublime Devient de plus en plus navrant. Et, quand il s'éteindra, le vieux Soleil lui-même Frissonnera d'horreur dans son obscurité, En l'entendant sortir, comme un adieu suprême, Des lèvres de l'HumanitéDe la Lumière ! Poèmes de Louise Ackermann Citations de Louise AckermannPlus sur ce poème Commenter le poème Imprimer le poème Envoyer à un ami Voter pour ce poème 618 votes<23456Les poèmes A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y ZLes poètes A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
poème 1Je ne veux pas souffrir du doute, Ni que tu m'épargnes, ni même Que, concevant combien je t'aime, Tu m'accompagnes sur ma route. Quels efforts pourraient comprimer Ton ennui, ton désir, tes voeux ? Si quelqu'un te plaît, va l'aimer ! Aborde ces yeux, ces cheveux, Dévaste ce nouveau visage, Goûte ce coeur riant ou sage, Cours vers ton allègre espérance ! Tu connaîtras la différence De la feinte et de la paresse D'avec mon incessante ivresse ! - Un jour j'aurai ta préférence. Il n'est pour moi d'autre rivale Qu'une ardeur à la mienne égale ! Qu'importe à mon coeur qui t'imprègne De sa tendre et secrète rage Qu'une femme que je dédaigne Puisse te plaire davantage !Poème de l'amour Poèmes de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Citations de Anna de Brancovan, comtesse de NoaillesPlus sur ce poème Commenter le poème Imprimer le poème Envoyer à un ami Voter pour ce poème 339 votesLes poèmes A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y ZLes poètes A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Le deuxième témoin de la problématique du juste souffrant est un texte vraisemblablement de la période cassite et qu’on intitule diversement le Poème du Juste Souffrant ou Je veux louer le seigneur de sagesse ou même, chez les spécialistes, Ludlul bel nemeqi. Le texte est long près de 500 vers et on en a même retrouvé un commentaire à Ninive et peut-être des fragments complémentaires à toutes les tablettes retrouvées sont fragmentaires et qu’il n’existe pas de copie complète du texte, celui-ci est fort difficile à établir . Jacques Marchand a pris le parti de s’en tenir aux passages les plus sûrs de façon à éviter de prêter des intentions infondées à l’auteur. Cela paraît d’autant plus prudent que celui-ci pratique couramment une certaine inflation verbale parfois un peu confondante. Le texte est cité d’après l’édition de W. G. Lambert, Babylonian Wisdom Literature, p. 21-62, en m’aidant au besoin de la traduction de R. D. Biggs dans J. B. Pritchard, Ancient Near Eastern Texts, p. 596-600, et de la compilation française de J. Lévêque, Sagesses de Mésopotamie, p. 60-73. Je passe outre à l’introduction, une assez longue louange à Marduk n’ajoutant rien d’essentiel au texte, qui peut donc commencer au vers 43 de la première tablette. Toute cette tablette raconte dans un certain luxe de détails comment l’auteur a été abandonné, d’abord par les dieux, puis par le petit cercle de notables auquel il appartenait fièrement, et enfin par ses proches et sa famille. Il résume ainsi son sentiment profond, son déshonneur Moi qui me pavanais comme un noble, j’ai appris à passer inaperçu. De dignitaire que j’étais, me voilà devenu l’esclave. En dépit de mes nombreuses relations, je suis devenu un solitaire» I, 77-79. À cela s’ajoutent des calamités plus immédiates, telles la perte de ses biens et un malaise profond. Cette longue description prépare donc la lamentation qui suit et qui nous entraîne au cœur du problème. Dès le début de la deuxième tablette, l’auteur résume ainsi sa préoccupation centrale Où que je me tourne, c’est malheur sur malheur. Mon infortune ne fait que grandir et je ne peux obtenir justice. J’ai appelé mon dieu [le dieu personnel], mais il n’a pas montré son visage; j’ai prié ma déesse, mais elle n’a pas levé la tête» II, 2-5. Puis, après avoir reconnu l’inutilité de ses recours aux incantations, à la divination et à la magie, l’auteur entreprend d’élaborer la problématique qui va dominer tout le texte, celle du juste souffrant. Ce passage est évidemment crucial pour notre propos et j’en cite tous les extraits pertinents en écartant quelques redites et insistances superflues Comme un homme qui n’aurait pas apporté d’offrandes à son dieu ou qui n’aurait pas invoqué sa déesse à table, qui n’aurait pas incliné son visage et aurait ignoré les prosternations […], comme un homme qui serait devenu confus et aurait oublié son seigneur ou juré par son dieu à la légère en un serment solennel comme un tel homme je suis traité. Moi, pourtant, j’ai été fidèle à la supplication et à la prière; la prière était mon rempart et le sacrifice ma règle. […] Je croyais pourtant savoir que ces choses sont agréables au dieu! Mais ce qui semble correct pour soi-même peut être une offense pour le dieu, ce qui semble méprisable dans le cœur d’un homme peut sembler juste au dieu. Qui peut connaître la volonté des dieux dans le ciel? Qui peut comprendre les desseins des dieux du monde souterrain? Où les mortels ont-ils jamais appris la voie du dieu? Celui qui était vivant hier est mort aujourd’hui. Celui qui était abandonné à l’instant se retrouve soudain tout heureux. […] Dans la prospérité, ils songent à se hisser jusqu’aux cieux, dans l’adversité, ils redoutent la descente aux enfers. Je me suis inquiété de ces choses mais n’en saisis pas le sens» II, 12-48. L’argumentation de l’auteur se ramène à ceci je suis traité comme quelqu’un qui n’a pas honoré les dieux; or je les honore constamment; donc il y a un malentendu entre moi et les dieux et, par suite, je ne comprends pas bien ce qu’ils attendent de moi, ce qui de fait est le lot commun. Conclusion je ne comprends pas. Autrement dit il y a un problème grave, du moins qui entraîne des conséquences personnelles très graves, mais je ne détiens pas la réponse à ce problème car les attentes des dieux à mon endroit m’échappent et je n’ai aucun moyen de les connaître. Ainsi, l’auteur voit clairement sa situation les dieux l’abandonnent et il se retrouve dans l’infortune la plus totale, mais à aucun moment il ne se tourne contre les dieux pour se révolter contre leur traitement ou les accuser de quoi que ce soit; il reconnaît simplement que l’attitude religieuse habituelle ne donne pas les résultats attendus dans son cas, et cela l’amène à une seconde conclusion plus lourde mais tout à fait conséquente, à savoir que son attitude, bien que courante et même traditionnelle, ne correspond pas nécessairement aux exigences des dieux et qu’il n’a en fin de compte aucun moyen de s’assurer de ce que sont ces exigences. L’impasse est totale. Que faire? Quelle stratégie établir dans une situation où des vérités essentielles nous échappent? Suivons l’auteur pas à pas. Il semble bien acculé au fatalisme pur et simple et, de fait, il se contente, pendant toute la seconde moitié de la deuxième tablette, de reprendre le fil du récit de ses malheurs, rapportant à peu près tout ce qui lui arrive à des persécutions démoniaques et terminant sa longue tirade par un constat désespéré Mon mal dépasse les capacités de l’exorciste et les présages ont confondu le devin. L’exorciste n’a pu détecter la nature de mon malaise ni le devin pu fixer un terme à mon mal. Mon dieu n’est pas venu à mon secours en me prenant par la main et ma déesse ne m’a montré aucune pitié en marchant à mes côtés. La tombe est ouverte et le mobilier funéraire déjà prêt pour moi; avant même que je meure, ma lamentation s’achève. Tout le pays a dit de moi “Comme cet homme est brisé!”» II, 108-116. Jusqu’ici l’auteur n’ajoute rien à son argumentation, bien qu’il nous rende sa situation plus perceptible et ses malheurs plus présents. À mon sens, on franchit un pas décisif avec la troisième tablette. Dès le début, sans autre transition, il rapporte tout ce qui lui arrive à la colère de Marduk et avoue très clairement qu’il ne peut attendre de salut que de son dieu Sa main a pesé lourd sur moi, je ne peux la supporter. La terreur qu’il m’inspire est angoissante […]. Sa force […] porte une tornade [une inondation]. […] La maladie cruelle ne me quitte pas, […] égare mon esprit. Jour et nuit pareillement je gémis; dans les moments de veille et de sommeil, je me sens défait» III, 1-8. Mais, au moment où le juste semble toucher le fond du désespoir, une lueur apparaît par le biais de rêves prémonitoires; comme on le sait, ces rêves ont valeur divinatoire et sont envoyés par les dieux. Le premier est trop obscur pour être interprété et le second se réduit à une cérémonie de purification et d’incantation iii, 21-28. L’auteur qui semblait avoir renoncé aux pratiques magiques et exorcistiques reprend pied grâce à elles. On est ainsi prêt pour le troisième rêve qui, lui, me paraît parfaitement transparent d’abord, une sorte de déesse lui apporte des mots de consolation, puis, un prêtre vient pratiquer une cérémonie incantatoire devant le fidèle et conclut par ces mots Marduk m’a envoyé. À Subsi-mesre-sakkan [l’auteur], j’ai apporté la prospérité, des mains pures de Marduk, j’apporte la prospérité» III, 42-44. L’auteur ajoute aussitôt foi au message divin Ainsi Marduk m’a confié aux mains de ce ministre. Dès la levée du jour, il a envoyé son message et montré des présages favorables aux gens de mon entourage. Dans la maladie […]; ma maladie cessa brusquement et mes chaînes furent brisées» III, 45-49. Ces signes de délivrance opèrent comme par magie et le reste de la troisième tablette se passe à libérer progressivement le fidèle de tous les démons et de tous les maux qui l’affligeaient. On se retrouve donc dans des descriptions qui rappellent les rituels d’exorcisme et les prières qui les accompagnent. Il n’y a vraiment rien à chercher de ce côté pour nous. Quant à la quatrième tablette, qui est loin d’être établie de façon incontestable, elle peut se ramener à une action de grâces à Marduk qui n’ajoute rien non plus à l’argumentation de base de l’auteur. Il vaut sans doute mieux reporter tout commentaire général après l’examen de notre dernier texte. Il est toutefois évident que la réflexion du juste souffrant est demeurée dans des limites très restreintes et que cela devrait tout naturellement nous amener à nous demander ce qui rend si difficile, pour un juste souffrant de Mésopotamie, de concevoir une réflexion radicale sur la justice divine et le principe de rétribution. La Théodicée babylonienne. Ce texte, parfois intitulé le Dialogue acrostiche et plus souvent la Théodicée babylonienne, est notre troisième et dernier témoin de la problématique du juste souffrant. Il est habituellement daté un peu plus tardivement que les autres, quelque part entre -1000 et -750, mais il demeure indéniablement un des grands textes canoniques de la sagesse mésopotamienne, à l’égal de tous les autres. Il se composait originellement de 27 strophes de 11 vers chacune, mais il ne nous reste que les 8 premières et les 6 dernières strophes, ce qui nous condamne à une appréciation moins assurée de l’ensemble. Reste que le texte est sans surprise et assurément très homogène si l’on se fie à la rigueur de sa construction formelle et à la progression quasi systématique que laisse entrevoir son argumentation subsistante. Les éditions utilisées sont les mêmes que pour le texte précédent W. G. Lambert, R. D. Biggs dans J. B. Pritchard, et J. Lévêque — avec beaucoup de circonspection. Commençons par cerner le format général du texte. L’ensemble constitue un dialogue soutenu entre le juste souffrant et un de ses amis, chaque strophe représentant de façon alternée l’intervention de l’un des protagonistes. Tout au long du texte, les amis débattent de façon extrêmement attentive et respectueuse, ce qui donne une certaine impression de quête méthodique de la vérité et hausse ainsi le texte au plus haut niveau dans toute la littérature du genre. En outre, il est vite évident que le fait de proposer un dialogue entre deux amis permet à l’auteur, tout comme dans le Livre de Job, de proposer deux argumentations opposées et de les pousser au bout de leur logique d’un côté, il y a le juste souffrant, un prêtre incantateur affligé par toutes sortes de souffrances et de malheurs, qui est tenté par le pessimisme et même un certain scepticisme assez radical; de l’autre, son ami, un sage traditionnel, qui prétend se porter à la défense de la théologie» mésopotamienne établie que son compère met à mal. Mais comme on va le voir, le parallèle entre Job et notre serviteur souffrant ne s’arrête pas là, et les commentateurs s’entendent généralement pour déceler une filiation très nette entre le Dialogue acrostiche et le Livre de Job. Il vaut donc la peine de l’analyser de très près. À la première strophe, le juste souffrant commence par ancrer son plaidoyer dans sa situation personnelle. C’est un enfant tard venu qui par surcroît a perdu très vite ses parents et a dû vivre sans soutien ni protection. Il se confie donc à son très sage ami et en attend réconfort et conseil Où trouver le conseiller à qui confier ma souffrance? Je suis réduit à néant; l’angoisse m’a assailli» vers 6-8. À la deuxième strophe, le confident se contente de le ramener à la raison en lui enjoignant à ne pas s’appesantir sur ses malheurs vers 12-15 et en considérant que sa situation n’a rien d’exceptionnel ni de si défavorable vers 16-20. Naturellement, les strophes sont courtes et les arguments très condensés, parfois sans lien détectable entre eux; le genre utilisé contraint l’auteur à une approche parfois impressionniste. L’ami conclut ses remarques en faisant un saut important qui résume sans doute tout le débat à ses yeux Celui qui se tourne vers son dieu comme vers un ange protecteur, l’homme humble qui craint sa déesse atteindra la prospérité» vers 21-22. Bref, tout se ramène au principe de rétribution car les dieux peuvent tout pour leur fidèle. Mais l’affligé s’estime incompris et aspire à être entendu d’une autre oreille vers 25-26. La troisième strophe marque une surenchère importante dans la description de ses malheurs Mon corps est une ruine, la maigreur m’assombrit, mon succès s’est envolé, mon assurance est disparue. Ma force s’est affaiblie, ma prospérité n’est plus, mélancolie et plainte ont jeté un masque douloureux sur mon visage» vers 27-30. La plainte s’achève dans un constat amer Comment retrouver une vie heureuse? Je ne vois pas d’issue» vers 33. On peut sous-entendre ici que les dieux ne peuvent plus rien pour le juste souffrant mais, au stade actuel, ils ne sont même pas mentionnés; à mon sens, c’est ce silence même qui est significatif. À la quatrième strophe, le sage reprend à nouveau son ami et le semonce respectueusement; le texte est lacunaire mais le sens général apparaît tout de même assez clairement si tu es juste et pieux, ton dieu prendra pitié et t’accordera ce que tu souhaites. En fin de compte, les strophes 3 et 4 ne sont que la reprise amplifiée des strophes 1 et 2 alors que l’affligé semble ne plus rien attendre des dieux, son ami le reprend et lui signifie qu’il faut au contraire tout attendre d’eux. Les attitudes étant ainsi polarisées, il reste à en rendre compte. La véritable argumentation peut commencer. Le premier argument du juste souffrant, à la cinquième strophe, est déjà radical et de niveau très général le spectacle de la nature et de la société contredit cette croyance en la justice rétributive des dieux. La concision de l’auteur est admirable L’onagre, l’âne sauvage, qui se rassasie de […], a-t-il jamais prêté attention à celui qui rend les oracles infaillibles des dieux? Le lion féroce qui dévore toujours les meilleures parts de viande, a-t-il jamais apporté l’offrande de farine pour apaiser la colère de la déesse? […] Le nouveau riche qui a décuplé ses richesses, a-t-il jamais pesé de l’or précieux à la déesse Mami? [Ai-je] jamais refusé d’amener des offrandes? J’ai prié mon dieu et j’ai béni les sacrifices que j’apportais sans cesse à ma déesse» vers 48-55. L’ami essaie de réfuter cet argument par un contre-argument classique et de portée tout aussi générale on ne connaît pas les plans divins et on ne peut donc juger la manière dont les dieux rétribuent; mais le développement concret de cet argument fait problème, car on voit bien que le sage ne se situe pas sur le même plan que l’affligé du fait qu’il consent à ne pas comprendre ce qui se passe et à reporter les rétributions dans un avenir incertain. Le texte mérite d’être cité; il s’adresse d’abord au palmier, merveille de richesse et de résistance Tu es aussi stable que la terre, mais les plans des dieux sont lointains [inscrutables]. Regarde l’âne sauvage sur la steppe la flèche atteindra celui qui parcourt les champs. Considère, veux-tu, le lion que tu as mentionné, l’ennemi du bétail à cause du crime qu’il a commis, la fosse l’attend. Le nouveau riche qui empile les richesses, il sera brûlé au lieu désigné par le roi et finira prématurément. Désires-tu suivre le chemin que ceux-là ont suivi? Recherche plutôt la récompense durable de ton dieu» vers 58-66. La septième strophe complète l’argument avancé dans la cinquième et nous ramène au vrai problème du juste souffrant non seulement les méchants ne sont pas punis pour leurs crimes, mais même les bons sont châtiés en dépit de leur vertu. On arrive ici au cœur du problème Ceux qui négligent leur dieu connaissent la prospérité, tandis que ceux qui prient leur déesse sont appauvris et dépossédés. Dans ma jeunesse, j’ai cherché à suivre la volonté de mon dieu; dans la prière et les supplications j’ai recherché ma déesse. Mais j’ai porté comme un joug un service sans profit. Mon dieu a décrété pour moi le dénuement plutôt que la richesse. Un infirme me surclasse, un médiocre passe devant moi; la crapule obtient des promotions tandis que je suis abaissé» vers 70-77. Ainsi, pour la première fois, le principe de rétribution est contesté radicalement dans une argumentation condensée et complète. Les dieux sont sur la sellette. L’auteur ne dramatise pas, il ne se révolte pas, il ne se plaint même pas il analyse froidement la situation et se pose calmement en critique de l’absolutisme religieux. L’embarras du confident dans la huitième strophe me semble manifeste malgré les importantes lacunes du texte. Pour la première fois, il accuse son interlocuteur de méchanceté et de sacrilège et tombe dans l’argumentation ad hominem Mon ami juste et savant, tes pensées sont perverses. Tu es devenu injuste et tu blasphèmes contre les desseins divins. Dans ton esprit tu songes à rejeter les décrets des dieux» vers 78-80. Le reste de la strophe est très mutilé, mais on croit comprendre qu’alors que précédemment le traditionaliste avait joué sur l’inscrutabilité des plans divins, il les tient maintenant pour clairs et dominants. Les fragments les moins illisibles affirment Les plans divins […] comme au centre du monde. […] Saisir les intentions divines. […] Leurs raisons nous sont proches» vers 82-87. La discussion s’interrompt brutalement ici. Entre la neuvième et la vingt-deuxième strophe, il ne reste que des lambeaux de texte très difficiles à situer. Le peu qui reste donne de plus en plus l’impression d’un dialogue de sourds. À la douzième strophe, l’ami évoque les bienfaits d’une vie de piété, entre les mains d’un dieu, tandis que l’affligé rétorque, à la treizième, qu’il n’aspire plus qu’à une vie retirée et même errante Je vais quitter ma maison. […] Je renonce à toute propriété. […] Je vais délaisser le culte de mon dieu [le dieu personnel] et me libérer de tous ses rites. […] Je vais prendre la route et m’en aller errer au loin. […] Comme un voleur je vais rôder à travers le pays. J’irai de maison en maison et soulagerai ma faim; affamé, je chercherai partout et je courrai à travers les rues» vers 133-141. Ce qui s’achève sur ces simples mots Le bonheur est loin…» vers 143. Naturellement, une attitude aussi radicale et même désespérée est considérée comme déraisonnable par le traditionaliste strophe 14 et surtout 20, qui ne cède pas d’un pouce sur sa foi fondamentale en la rétribution divine. Lorsque la discussion suivie reprend à la vingt-deuxième strophe, l’ami semble en voie de nuancer sa position de départ. Il commence par affirmer que le méchant finit toujours par être puni mais semble plus circonspect en ce qui concerne la récompense du juste À moins de te conformer à la volonté de ton dieu, comment peux-tu atteindre le succès? Celui qui se soumet au joug de son dieu ne manque jamais de nourriture, même si elle n’est pas abondante. Recherche le souffle favorable de ton dieu et ce que tu as perdu sur un an te sera compensé en un instant» vers 239-242. Mais cette concession paraît bien mince et ne semble pas modifier le moins du monde le sombre cours des pensées du juste souffrant. Les déclarations de la strophe 23 semblent sans appel Je regarde partout autour de moi mais on nage dans le désordre et la confusion. Les dieux ne barrent même pas la route aux démons» vers 243-244. Et plus clairement encore Qu’ai-je gagné à me prosterner devant les dieux? Je dois encore m’humilier devant les gens de rien que je croise; les riches et opulents me traitent avec mépris, comme un homme de rien» vers 251-253. À la vingt-quatrième strophe, le traditionaliste revient avec insistance sur l’inscrutabilité des décrets divins et en tire une interprétation assez arbitraire qui le conforte dans sa position pourquoi, en effet, l’incompréhension des hommes donnerait-elle une plus-value aux rétributions divines, et comment, dès lors, peut-on prétendre juger dans une perspective humaine si elles seront justes ou non, avantageuses ou non? La strophe suivante est sans lien détectable avec la précédente. Le juste souffrant insiste cette fois sur un aspect négligé du débat peu importe que le riche et le puissant soient des gens de mérite ou soient même favorisés par les dieux, ce qui importe c’est leur statut et la considération qu’il leur confère. Le sens de l’argument est clair et montre bien que les choses de ce monde ne dépendent pas des dieux autant que le traditionaliste se plaît à le croire On fait grand cas des paroles d’un puissant qui est familier de la violence ou du meurtre, mais on rabaisse le faible qui n’est coupable de rien. On accrédite la position du méchant qui déteste la vérité, mais on écarte l’honnête homme qui se conforme à la volonté divine» vers 267-270. Devant cet argument somme toute bien connu et assez peu dérangeant pour un absolutiste convaincu, la réplique devrait être simple et sans équivoque même si nous ne saisissons pas toujours le cours du destin, il finit toujours par frapper les impies. Mais on a l’impression ici que l’auteur cherche une conclusion acceptable aux deux parties, devant un débat qui s’annonce sans issue. C’est peut-être ce qui explique le virage inattendu de la vingt-sixième strophe. On se rappelle qu’à la vingt-deuxième l’ami commençait à en rabattre sur la question de la rétribution positive, reconnaissant que les récompenses divines à l’endroit du juste ne sont pas toujours à la hauteur de sa vertu vers 239-240; or, cette fois, c’est sur la question de la rétribution négative qu’il en rabat, reconnaissant que les méchants ne subissent pas toujours le sort qu’on aimerait leur voir subir. À vrai dire, l’accord du traditionaliste face au juste souffrant est presque trop facile et sent un peu la connivence On se prononce solennellement en faveur d’un homme riche “C’est un roi, affirme-t-on, la richesse est de son côté!” Mais on maltraite un pauvre homme comme un voleur, on le calomnie et on complote pour le tuer, lui faisant subir tous les torts comme un criminel parce qu’il ne jouit d’aucune protection» vers 281-285. Mais il faut voir à quel prix une telle entente inespérée est acquise. Il suffit d’analyser la strophe pour se rendre compte que l’argument du traditionaliste repose sur une croyance bien ancrée chez les Mésopotamiens et que cette croyance est reprise par lui sans le moindre esprit critique [Les dieux] ont gratifié l’humanité d’un langage retors. Ils l’ont dotée pour toujours non de la vérité mais du mensonge» vers 279-280. À la suite de cette concession tout de même assez massive, peut-être le juste souffrant a-t-il enfin l’impression d’être compris et peut-être reprend-il quelque peu espoir. C’est ce qu’exprime en tout cas assez clairement la vingt-septième et dernière strophe Tu es bon, mon ami; supporte ma plainte. Aide-moi, vois ma détresse, reconnais mon accablement. Moi, bien que soumis, juste et suppliant, je n’ai reçu ni aide ni secours, à aucun moment» vers 287-290. Puis, à la fin Que le dieu qui m’a abandonné m’accorde son aide. Que la déesse qui m’a abandonné me prenne en pitié» vers 295-296. Il convient de bien montrer, pour terminer notre analyse, ce que cette conclusion a de surprenant et même de déconcertant. Il faut commencer par reconnaître que le juste souffrant, à la dernière strophe, ne donne pas explicitement son accord à son ami, mais qu’il se contente de trouver quelque motif de réconfort dans ses paroles et de reprendre quelque peu espoir face aux dieux qui l’ont délaissé. Faut-il comprendre qu’il se réjouit de l’entente commune sur la position qu’il a émise à la vingt-cinquième strophe et que l’ami corrobore à la suivante? Or cette position n’a rien de si réconfortant puisqu’elle revient à affirmer que la loi du plus fort l’emporte généralement et que les gens injustes et impies échappent au châtiment attendu dans la mesure où leur richesse et leur pouvoir les mettent à l’abri des lois et même de la rétribution divine. Ce qui achève de nous confondre, c’est l’argument que l’ami sert au juste souffrant pour fonder leur commun accord si les hommes sont méchants et retors, c’est que les dieux les ont ainsi faits. Au scepticisme du juste souffrant s’ajoute maintenant le fatalisme du traditionaliste. Mais dès lors, comment croire que des dieux qui ont permis et même mis en place la méchanceté humaine puissent ensuite la punir? À mon sens, le débat tourne ici à la confusion les dieux doivent assumer la double tâche de maintenir la justice et de créer des hommes en les destinant à être injustes. Ici, deux destins s’entrechoquent et les dieux sont menacés des pires incohérences par des humains qui ne savent plus comment rendre compte de leur condition de vie et de leur croyance religieuse. Ainsi, d’un côté, si le juste souffrant a persisté dans sa mise en question du principe de rétribution et dans son constat tragique de l’abandon des dieux en dépit de sa piété et de sa vertu, il reste qu’il ne trouve rien de mieux à faire, au bout du compte, que d’implorer l’aide divine qui semble bien représenter sa seule chance de salut; mais, de l’autre côté, celui qui avait cherché à maintenir le principe d’une justice rétributive des dieux contre vents et marées finit à son tour par mettre le doigt sur la difficulté la plus fondamentale de tout ce débat et par reconnaître bien malgré lui que l’être humain, tel qu’il a été créé par les dieux, n’a aucun droit à la justice divine mais doit au mieux se contenter de quêter la grâce qui le sauvera malgré sa nature de pécheur et son incompréhension des desseins divins. Évidemment, cette notion de grâce est à peine effleurée dans le texte et cela n’a rien pour nous surprendre, puisque nous savons que la relation fondamentale de l’homme mésopotamien à son dieu n’en est pas une de confiance aveugle ni d’amour inconditionnel. Mais j’estime tout de même que la logique de l’argumentation conduit bon gré mal gré dans cette direction en raison même de la problématique mise en place. Si l’homme est foncièrement un pécheur, par destination divine, et si les plans marqués par le destin ou par les dieux lui échappent sans recours, que lui reste-t-il sinon l’humble attente et la supplication? Car derrière ces deux admissions décisives, il s’en cache une troisième plus décisive encore et qui est à la racine de l’absolutisme religieux, à savoir que ce sont les dieux et les dieux seuls qui mènent le jeu et que, même s’il semble absurde de croire en leur sollicitude bienveillante, c’est la seule issue qui reste au croyant de par la construction même qu’il a mise en place. Si les dieux ont créé l’homme pécheur, pourquoi voudraient-ils le sauver? Par surcroît, si l’homme ne comprend rien à leur justice rétributive, pourquoi se condamnerait-il à une attente sans espoir? Et en dernière analyse, si le croyant est conscient de n’avoir aucune autre possibilité de salut et de bonheur que par l’aide gracieuse des dieux, pourquoi maintient-il une construction qu’il a lui-même mise en place et qui le condamne à l’impuissance du pécheur, à l’incompréhension du croyant et au pessimisme fataliste ou au scepticisme désespéré qui sont les deux seules positions théologiques» possibles selon le texte? Au bout de notre examen de l’Épopée de Gilgamesh*, nous avons été contraints de reconnaître que l’absolutisme héroïque constituait une possibilité bien réelle de l’expérience mésopotamienne même si ce choix nous est apparu comme inéluctablement voué à l’échec, par la construction même de la situation et la logique profonde de son développement; ce héros n’aboutissait pas à la gloire qu’il avait convoitée, sinon une gloire tragique, acquise au prix de la défaite et du malheur, et revendiquée au-delà de toute raison et par la seule volonté du héros d’être reconnu inconditionnellement et par-delà sa déchéance. Dans le cas du héros de l’absolutisme religieux, la construction est analogue et le dénouement tout à fait comparable. Le juste souffrant est ce sage qui conçoit le projet proprement héroïque de revendiquer sa vertu tout comme Gilgamesh revendique honneur et gloire et qui veut forcer les dieux à le reconnaître non pas gracieusement et arbitrairement mais bien pour son mérite inconditionnel. Tout se passe donc comme si la vertu devait porter sa récompense en elle-même et qu’il était possible de dépasser son statut de pécheur qui attend tout de la grâce divine, et d’humain qui ne comprend pas les plans divins sur son destin. Or, bien sûr, un tel projet est par principe voué à l’échec, puisque la vertu ne peut être récompensée que par les dieux dans le cadre de l’absolutisme religieux et que le jugement que le juste souffrant porte sur lui-même doit être entériné par les dieux pour avoir une valeur quelconque. À cet égard, le texte de la Théodicée babylonienne demeure d’une cohérence impeccable car, dans la dernière strophe, l’affligé persiste à clamer son innocence et sa vertu même s’il est forcé d’admettre qu’il attend une confirmation de tout cela de la part des dieux. Et tout comme il n’y a qu’un seul cas clair d’absolutisme héroïque Gilgamesh, il n’y a qu’un seul cas incontestable d’héroïsme dans l’absolutisme religieux le juste souffrant de la Théodicée babylonienne. Ces positions d’exception ne pourront être appréciées à leur juste valeur que dans le cadre de la vision du monde où elles ont pris naissance. Nous disposons maintenant de tous les éléments pour prendre une telle vue d’ensemble sur la sagesse ou le projet éthique mésopotamien, et c’est ce que je vais m’efforcer de faire en conclusion. Mais auparavant, je me propose, dans la courte section qui suit, de parachever mon enquête sur les sagesses du Proche-Orient asiatique et d’examiner de façon succincte ce que la civilisation syrienne en particulier est susceptible d’y apporter de nouveau. La conclusion pourra ensuite prendre valeur de bilan, puisqu’elle portera sur l’ensemble de la sagesse archaïque examinée dans ce livre et dans le livre précédent.
poeme je te quitte pour ne plus souffrir